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Les profits pour les pétroliers
La catastrophe pour la société
!
Des familles sinistrées, des paysans et des travailleurs
de la mer ruinés: avec la marée noire et les tempêtes, l'année
s'est terminée en catastrophe. Et comme toujours, les conséquences
les plus dures à vivre seront à supporter par les plus démunis,
les familles populaires et ceux qui ne vivent que de leur
travail.
Les dégâts du libéralisme,
du capitalisme
Faire transporter son pétrole sur des navires d'un autre âge,
avec des équipages sous-payés, c'est permis. Comme sur les
grands chantiers de Bouygues et autres, il est possible, par
le jeu de la sous-traitance en cascade, de faire travailler
des milliers de salariés surexploités.
Les firmes pétrolières engrangent des profits faramineux.
Mais quand la marée noire se répand, les dégâts sont pour
la collectivité. C'est cela le cynisme de l'économie de marché
qui gouverne le monde: Nike fait fabriquer ses chaussures
par des enfants; des promoteurs sans scrupules font construire
des immeubles non conformes dans des zônes dangereuses; des
multinationales veulent remplir nos assiettes de produits
génétiquement modifiés...
Total coupable de délinquance
écologique
Il aura fallu quinze jours et la crainte d'une dégradation
de l'image de marque de Total pour que son PDG reconnaisse
une part de responsabilité dans la catastrophe écologique
et humaine produite par la marée noire.
Total affirme être en règle avec le droit maritime. Mais celui-ci
est si peu contraignant qu'il ne suffit pas d'être juridiquement
en règle pour se défiler face à ses responsabilités. Pour
des raisons de gros sous, les compagnies pétrolières sous-traitent
le transport du pétrole. Résultat: des navires poubelles sillonnent
le monde, souvent sous pavillons de complaisance. Et on voudrait
nous faire croire qu'on ne pouvait pas imaginer ce qui pouvait
se produire.
L'état, responsable par
complicité libérale
En 1978, quand l'Amoco Cadiz déversait son pétrole sur les
côtes de Bretagne, les autorités disaient déjà qu'il fallait
éliminer par la prévention la répétition de telles catastrophes,
assurer la sécurité dans le transport maritime ...
Vingt ans plus tard, on a l'impression que rien n'a changé.
La grande vague libérale des années 80-90, largement assumée
par les gouvernements dits " de gauche ", est passée par là.
L'heure n'était pas à des réglementations plus strictes mais
au contraire à réduire l'intervention de l'état: on a vu dernièrement
ce que cela donnait avec la catastrophe ferroviaire en Angleterre.
On est capable d'aller réparer des satellites dans l'espace,
mais le jour où la marée noire arrive, Jospin en est réduit
à saluer le courage de bénévoles qui s'activent avec des pelles
et des seaux.
Exigeons du gouvernement
qu'il fasse payer à Total toutes les conséquences de la marée
noire
Juste après le naufrage de l'Erika, Desmarest, le PDG de Total
rejetait toute la responsabilité de la catastrophe sur l'armateur.
Bavure médiatique. Quinze jours plus tard, il offre généreusement
une journée de salaire et annonce la création d'un fonds d'urgence
de 40 millions de francs. Dérisoire. Rappelons-nous, plus
de 200 millions de francs de stocks options offerts au PDG
d'Elf au moment de la fusion Total-Elf, 10 milliards de bénéfices
pour TOTAL-FINA, 30 milliards donnés aux actionnaires pour
favoriser une fusion à l'amiable entre ELF et TOTAL.
Boycotter Total, c'est exiger que l'entreprise crache, non
seulement pour les actions de dépollution, mais aussi pour
l'indemnisation de toutes les victimes de la catastrophe.
Quelques semaines après les mobilisations qui ont marqué le
sommet de l'OMC à Seattle, il s'agit aussi de montrer aux
gouvernements et aux grands groupes capitalistes que les travailleurs-citoyens
ne sont plus prêts à accepter sans broncher leur loi cynique
du profit et du marché. (4 janv. 2000)
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