|
OGM, vaches folles et marée
noire
Le capitalisme nous empoisonne
"Cachez ce pétrole que je ne saurais voir ",
c'est, en résumé, le discours des élus locaux, des préfets
et du gouvernement : ils minimisent délibérément la pollution
qui, on le sait bien maintenant, aura un coût écologique et
social exorbitant.
A Plouharnel, par exemple, le maire villiériste, Gérard Pierre,
crie à qui veut l'entendre que "les plages sont propres"
et que "les promeneurs peuvent les fréquenter sans crainte".
Certains professionnels lui emboîtent le pas en affirmant
que leur production n'est pas affectée et que les produits
de la mer sont sains.
Les hôteliers- restaurateurs, les propriétaires de campings,
etc. sont nombreux à souhaiter que l'on cesse de parler de
la pollution.
Le grand patronat (Total, Pinault, Crédit Agricole …) se
livre à une formidable campagne de communication : "regardez-nous,
nous retroussons nos manches (et même celles de nos employés),
nous payons (très peu et pas toujours avec nos sous)
et nous réparons les dégâts"… " pour mieux recommencer
demain ? " a-t-on envie d'ajouter.
Les préfets, s'ils le pouvaient, affirmeraient presque que
la marée noire est terminée : ils tentent de décourager les
bénévoles et souhaitent maintenant faire appel à des sociétés
privées pour continuer le nettoyage. Mais aux ordres de qui
obéissent-ils, ces préfets ?
Aux ordres du gouvernement, bien entendu. Et, le moins que
l'on puisse dire, c'est que nos ministres ne sont pas bien
virulents pour dénoncer cette catastrophe écologique et pour
prendre les mesures draconiennes qui s'imposent pour réparer
ce qui peut être réparé et pour éviter que ça ne se reproduise.
Nous, militantes et militants de la LCR, exigeons que les
revendications exprimées par les "collectifs marée noire"
soient immédiatement entendues par les pouvoirs publics :
- Nous exigeons des embauches pour la dépollution et avec
un vrai contrat de travail non pas des CES ou autres bricolages
précaires comme ça se fait actuellement.
- Nous exigeons également une information correcte sur la
marée noire de la part des pouvoirs publics : à force
de vouloir nous rassurer, ils nous inquiètent sérieusement
et on se croirait presque retournés à l'époque de la catastrophe
de Tchernobyl…
- Nous exigeons que les pavillons des Kerguélen et de Wallis
et Futuna soient immédiatement supprimés.
- Nous exigeons que l'accès des ports français soit interdit
aux pavillons de complaisance afin de donner l'exemple pour
que cette mesure soit étendue à l'Europe.
- Nous exigeons un contrôle sérieux du gouvernement sur
la désormais seule compagnie pétrolière française :
Total-Fina-Elf ne doit pas faire la loi, ce sont les citoyens
qui doivent décider.
Et au-delà, nous sommes très nombreux aujourd'hui, à craindre
une catastrophe écologique de grande ampleur. La maladie de
la vache folle, le poulet à la dioxine, les OGM, les pollutions
de l'eau par les nitrates, les pesticides, les insecticides
et même par les antibiotiques utilisés à forte dose dans les
élevages industriels ne sont pas pour nous rassurer. Certains
avancent mêmes que les tempêtes que nous avons subies récemment
sont liées à l'effet de serre.
Pour vaincre cette insécurité écologique, il faut battre en
brèche la sacro-sainte loi du profit.
Le souffle des mobilisations de Seattle contre l'OMC conjugué
à celui des mobilisations sociales et en défense de notre
environnement peut faire se lever un ouragan, cette fois-ci
salutaire contre la loi du capital et pour imposer une autre
politique. (janvier 2000)
Edito du Fil Rouge de janvier 2000
Retour
|