Le Fil Rouge (LCR 56)
AccueilActualitéAnnuaireAgendaManifs
Le Fil Rouge Ligue Communiste Révolutionnaire du Morbihan (LCR 56)

Contacter la LCR

Dossiers
santé/sécu
élections
nucléaire
écologie
féminisme
mondialisation
marée noire
bretagne

Fédération du Morbihan
de la Ligue Communiste
Révolutionnaire
www.lcr56.org

Marée noire

Coordination des collectifs marée noires du littoral Atlantique
Conférence de presse du 24 mai

1) Nous serons présents à l'AG de TOTAL-FINA-ELF à Paris :

À l'intérieur : pour rappeler à Monsieur Desmaret et aux actionnaires de Total-Fina-Elf que la catastrophe de l'Erika n'est pas un problème de communication, mais bien un problème économique, écologique et moral.
On sait maintenant que les services techniques (VETTING) de TOTAL ne pouvaient ignorer que, depuis 1997, l'Erika était un bateau en mauvais état. TOTAL a affrété l'Erika ; sa responsabilité est donc engagée ; TOTAL doit payer.

La marée noire est toujours là : Total n'a pas fait ce qu'il fallait. Avec 23 milliards de bénéfices, TOTAL a les moyens de réparer les dommages. De plus, TOTAL nous ment en certifiant qu'il ne se retirerait pas des communes ou des sites qui ont posé des problèmes juridiques : à CODAN (commune de Lanester - Morbihan), TOTAL a abandonné les travaux de nettoyage du site provisoire de stockage des déchets (ils y sont toujours).

La saison touristique semble compromise - beaucoup se demande ce qu'il faut faire pour ne pas rendre les choses plus difficiles - et il ne faut pas sacrifier les autres saisons en mentant sur la réalité de la pollution.
Une campagne de publicité ne peut suffire.

Les décideurs politiques doivent faire preuve aujourd'hui de courage face au pollueur : Aujourd'hui, l'État semble se contenter du fait que Total débourse 850 millions pour la catastrophe de l'Erika : notamment 500 pour le pompage et 200 pour le traitement et l'élimination des déchets.

Mais, faut-il encore le rappeler, le groupe Total-Fina-Elf a fait un bénéfice annuel de 23 milliards. Les profits sont privés. Ce n'est pas aux collectivités, à l'État, aux régions ou aux départements de payer, ni la réparation de tous les préjudices, ni la remise en état du littoral.

L'État et les différentes collectivités ont déjà dépensé 11 milliards. Il est vrai qu'actuellement, la loi pénale ne permet pas de mettre en cause facilement le groupe pétrolier. Pour autant, la pression doit être maintenue et s'organiser face à lui. Nous voulons que TOTAL s'engage sur une décontamination de tout le littoral (sables, rochers et fonds.).

L'État refuse aujourd'hui d'exercer une réelle pression politique sur le groupe. Il cède au chantage. Total veut faire croire aux pouvoirs politiques et aux collectivités qu'il pourrait ne pas débourser même ces 850 millions.
De plus, il est intolérable d'entendre Total dire et mettre en avant qu'il sera le dernier à réclamer quelque chose au FIPOL, comme si Total était une victime de la catastrophe.

À l'extérieur : pour dire à l'opinion et aux décideurs politiques que la marée noire est toujours là et que la législation doit être changée.
Il y a aujourd'hui, défaillance du propriétaire et de l'armateur, ce qui montre la nécessité d'un véritable système de responsabilité.
La dilution des responsabilités et les défaillances des responsables légaux profitent d'abord au donneur d'ordre, le groupe pétrolier : Rina, l'organisme du contrôle italien du navire accuse le capitaine du navire qui s'en défend.
Le propriétaire du navire, grec semble-t-il, accuse Rina ou encore la société gestionnaire la Panship qui serait aux Bahamas.
Et aujourd'hui, le propriétaire et la société gestionnaire seraient devenus deux coquilles vides... Ces "grenouillages" n'ont d'autre but pour les différents protagonistes que de se dégager pour l'avenir d'éventuelles responsabilités financières et pénales.

La racine de cette situation est la recherche du transport au moindre coût, la logique du profit... Quelques groupes pétroliers contrôlent toute la chaîne du pétrole. Leurs profits sont énormes.
Les différents intervenants dans la chaîne sont en fait des secondes mains, complètement dépendants des groupes pétroliers et qui leur servent de "paravent" légal en cas de coup dur.

Pour qu'il y ait un véritable système de responsabilité, il faut que les donneurs d'ordre soient les premiers responsables, c'est-à-dire les groupes pétroliers affréteurs.
Pour que la catastrophe de l'Erika soit effectivement la dernière, il faut instituer une nouvelle responsabilité : la responsabilité pénale environnementale.
Il est indispensable de le faire pour casser la dilution des responsabilités et la défaillance des sociétés "écrans", pour que les affréteurs aient enfin intérêt à faire circuler des bateaux propres.
Il est parfaitement plausible de changer la réglementation dans ce sens puisque les États-Unis ont évolué ainsi après la catastrophe de l'Exxon Valdez et surtout parce que l'Europe a déjà adopté ce genre de réglementation dans d'autres domaines.
Ainsi, pour la construction de bâtiments, le maître d'ouvrage, c'est-à-dire celui qui décide la construction et qui l'utilisera, est responsable de la prévention des risques au cours du chantier.

Quelle différence entre un maître d'ouvrage et un affréteur qui décide le transport et se fait livrer le pétrole dans la majorité des cas à sa propre raffinerie ? Les décideurs politiques doivent prendre leurs responsabilités pour l'avenir : L'État et l'Europe sont placés devant leurs responsabilités politiques.

La loi doit changer. La collectivité doit imposer sa raison face à la raison économique. Il faut des lois contraignantes et appliquées pour que la catastrophe de l'Erika ne se reproduise plus.
Ces lois se concentrent dans la responsabilité pénale environnementale, donc financière illimitée, d'abord des donneurs d'ordre.

De telles lois impliquent l'abrogation du protocole de 1992 entre l'État et les groupes pétroliers qui justement à l'inverse prévoit l'exonération de la responsabilité des affréteurs en cas de marée noire.
Au moment du CIADT et du CIMer à Nantes le 28 février dernier, le Premier ministre a renvoyé beaucoup de choses sur l'Europe. Six mois après la catastrophe de l'Erika, la France va présider l'Europe.
L'État français doit à cette occasion faire preuve de courage.

2) Nous avons demandé un rendez-vous au Ministre des Transports :

Pour le pompage, nous ne faisons pas confiance à TOTAL.
Nous voulons pouvoir nous assurer de façon incontestable du véritable contenu de l'Erika.
Pour cela nous allons demander à Monsieur GAYSSOT de nommer des experts internationaux indépendants (le refus de TOTAL face à la demande de St-Nazaire est inadmissible).

Nous lui rappellerons aussi nos exigences sur la nécessité de la transparence et de la vérité, comme celles énoncées plus haut (TOTAL doit payer et responsabilité des donneurs d'ordre, notamment au niveau européen).
Imposer la transparence : Beaucoup de bruits ont circulé sur le contenu réel de l'Erika : pétrole issu de raffinage, dangereux pour l'homme et la nature, ou résidu pétrolier encore plus dangereux et considéré comme déchet industriel. Personne ne peut avoir toucher au contenu des cuves qui gisent par 110 mètres de fond.

Alors, pour établir la vérité, la Coordination des collectifs exige des prélèvements dans chaque cuve et analyses par des experts internationaux d'organismes indépendants.
Imposer la transparence aussi sur les éventuelles conséquences sanitaires pour les bénévoles en particulier qui ont travaillé sur les plages. Les pouvoirs publics s'étaient engagés à permettre un suivi médical de tous ceux qui le désirent.
Il faut rappeler ce que tout le monde sait : le produit pétrolier contient des hydrocarbures polycycliques aromatiques (HPA), substance classée notamment cancérigène.

Il faut rappeler qu'en particulier au début de la dépollution, les personnes étaient peu ou mal protégées et mal informées. Aucune action sérieuse n'a été menée pour que les bénévoles se fassent connaître et leur proposer ce suivi.

Exiger la vérité sur les causes et les conséquences de la catastrophe : La pression doit de poursuivre pour que le citoyen sache un jour comment les choses se sont réellement déroulées avant le 14 décembre dernier et le jour même. Les conséquences de la catastrophe restent toujours mal évaluées.

Pourquoi n'y a-t-il pas une synthèse publique, complète et actualisée des conséquences financières pour les professionnels de la mer et du tourisme, et bien sûr une synthèse sur la situation du traitement des déchets ?
Une synthèse aussi des conséquences de cette catastrophe sur la faune et la flore ? Il faut une remise en état raisonnée de tout le littoral et une destruction rapide et là aussi raisonnée de tous ces déchets.

Exiger ici aussi la transparence. L'exemple de Couëron : des déchets dus à la pollution de l'Erika sont brûlés dans le centre d'incinération Arc-en-ciel. Personne ne sait pourquoi il y a eu un problème et quelles pollutions résiduelles ont eu lieu ?
Pourquoi entend-on dire qu'il se pourrait qu'une partie des déchets soit inerté à la chaux ou pire mis en décharge contrôlée, alors qu'il a fallu l'Erika pour se souvenir que des déchets de l'Amoco Cadiz étaient encore en place, à proximité du parcours de la manifestation à Donges du 25 mars dernier.

Le 24 mai 2000.
Coordination des Collectifs anti-marée noire du littoral atlantique

Retour

Erika


 Photos
Manif de Vannes (08/01/00)
Manif de Nantes (05/02/00)
Manif de Donges (25/03/00)

Plus jamais ça ! (Nono)

Site de la coordination
marée noire

Pour nous contacter
APPO, BP 503,
56105 Lorient cedex
lcr56@wanadoo.fr


archives www.lefilrouge.net | page précédente