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Après la marée
noire
Assez de complaisances !
Le 5 février sera une journée de mobilisation nationale,
avec la manifestation de Nantes, le rassemblement devant la
tour Total à 15 heures à la Défense en région parisienne,
et des manifestations à Toulouse, Le Havre, Marseille, Strasbourg,
et d'autres encore. La mobilisation doit continuer après cette
journée du 5 février pour contraindre le gouvernement à cesser
de protéger les profits de Total-Elf.
Après chaque marée noire, le gouvernement en place fait des
promesses. Cette fois-ci, Jospin annonce qu'il profitera de
la présidence française de l'Europe au second semestre pour
suggérer aux Européens de durcir les contrôles maritimes,
mais sans légiférer contre les pavillons de complaisance.
Pourquoi attendre 6 mois, quand l'émotion provoquée par l'Erika
sera retombée ?
Gayssot, ministre des Transports, Voynet, ministre de l'Environnement,
se refusent encore aux solutions urgentes, pourtant connues
pour éviter que cela ne se reproduise. Il est facile de se
retrancher derrière l'Europe pour ne rien faire.
Les Etats-Unis ont interdit l'accès de leurs ports aux pétroliers
âgés de plus de 15 ans et sans double coque, en adoptant au
Congrès un "Pollution Act" sous la pression de l'opinion publique,
après la marée noire de l'Exxon-Valdez. Le Parlement français
peut faire de même, de manière unilatérale. Le gouvernement
français a bien décidé d'interdire seul le buf anglais sans
l'accord de ses partenaires européens ! Des mesures législatives
radicales prises en France pour réglementer les transports
maritimes pourraient être étendues à toute l'Europe, avec
le soutien des opinions publiques concernées et mobilisées
elles aussi contre les marées noires.
Ceux qui nettoient les plages souillées, passant des journées
embourbés dans les résidus, pourraient être aussi victimes
de la nocivité du produit auquel ils sont exposés. Selon un
groupe de scientifiques varois d'un laboratoire privé, Analytika,
"TotalFina ne transportait pas du fioul numéro deux
mais un résidu provenant d'une double distillation de pétrole
brut. On a affaire à un déchet industriel spécial (DIS), toxique
et cancérigène." Selon Bernard Tailliez, directeur
de ce laboratoire indépendant spécialisé dans l'analyse de
composés de mélanges complexes, "TotalFina est parfaitement
au courant de la toxicité des produits".
Si cette information, relayée cette semaine par l'AFP, TF1
et F3, est confirmée, elle signifierait un scandale supplémentaire.
Total aurait enfreint la législation européenne, qui prévoit
que de tels résidus doivent être incinérés dans le lieu le
plus proche de leur production, pour éviter tout incident
lors de leur transport. La compagnie pétrolière aurait ainsi
cherché à supprimer les coûts de destruction de ces déchets,
qui atteignent 1500 F la tonne dans les centres spécialisés
situés près de la raffinerie de Gonfreville près du Havre.
Total aurait préféré les vendre en Italie.
Ces informations vont dans le même sens que celles données
par Le Canard enchaîné, qui expliquait que la compagnie d'électricité
italienne, destinataire de la cargaison de l'Erika, devait
la mélanger avec d'autres résidus de raffinage italien pour
les transporter et les vendre (!) ensuite comme combustible
pour les centrales thermiques, à l'Ethiopie et à la Somalie.
Les fumées dégagées par ce type de résidus sont tellement
toxiques qu'aucune norme d'un pays européen ne peut les accepter.
Alors les pays riches se servent de l'Afrique comme poubelle.
Après lui avoir pillé son pétrole, on lui vend les déchets
toxiques TotalFina et le Cedre (dé)mentent, et osent rappeller
aux bénévoles "qu'il faut mettre des gants" !
Une enquête indépendante s'impose, et le nettoyage doit être
opéré par des professionnels spécialisés, à la charge de Total-Elf.
Alain Mathieu (Rouge
03/02/00)
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