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Total doit payer
Bénévolat tralala...
Depuis que les côtes atlantiques sont polluées par les
hydrocarbures, les bénévoles n'ont cessé d'affluer sur le
littoral pour nettoyer les plages. Malheureusement, les bonnes
volontés ne suffisent pas à régler le problème. De plus, elles
commencent sérieusement à s'impatienter devant la désinvolture
hautaine qu'exprime Total-Fina et par les manques de moyens
et de coordinations évident de l'État.
La manifestation du 8 janvier à Vannes l'a bien montré,
l'exaspération et la colère prennent peu à peu la place du
sentiment de désolation. Les bénévoles sont pris en otage
par Total-Fina. Les dirigeants de cette société savent très
bien que les populations côtières touchées ne peuvent se permettre
de laisser les plages en l'état. Ils profitent sciemment du
bénévolat. Si les bénévoles nettoient, pourquoi le feraient-ils
à leur place ? Les sommes d'argent débloquées par le pétrolier
en sont la meilleure preuve : 40 millions de francs pour un
nettoyage de côtes par des sociétés soit disant spécialisées.
A titre de comparaison, la société Exxon, responsable de
la marée noire de 1989 en Alaska, avait dépensé 11 milliards
de dollars ; environ 75 milliards de francs, soit 1875
fois plus que Total. M. Demarest, PDG du groupe Elf-Total-Fina,
a "généreusement" accordé une journée de son salaire à une
association écologique (laquelle ? personne ne le sait) :
30 000 francs, c'est le montant de la dite journée. Les
chômeurs, que certains appellent au nettoyage, apprécieront.
Si l'on doit nettoyer, le travail doit d'abord s'effectuer
sur la base du volontariat et ensuite être salarié. Le montant
de la paye doit être indexé sur les salaires des employés
des sociétés spécialisées. Évidemment, c'est Total
qui paiera la facture. M. Pinault propose 200 francs
par jour pour 200 bénévoles pendant 3 mois. Il est
vrai que rien n'oblige une des plus grosse fortune de France
à se mobiliser pour réparer cette catastrophe écologique et
industrielle. Mais pour 200 francs par jour, on n'en
arrive même pas au taux du SMIC horaire pour un travail de
forçat.
Plus que Total, la logique des profits à outrance est directement
responsable du naufrage de l'Erika et de ses conséquences.
Les bénévoles et les chômeurs n'y sont pour rien et ils commencent
à comprendre que dans cette histoire, on les prend pour des
pigeons. Les bénévoles, les chômeurs, les RMIstes ne sont
pas les larbins du libéralisme, mais tout ce qu'entreprend
la multinationale Elf-Total-Fina tend à nous prouver le contraire.
(janvier 2000)
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