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Communiqué de presse
"Y'a des pétroliers super qui foutent
le deuil sur l'onde"
Ici, tout le monde connaît la chanson de Gilles Servat,
écrite il y a près de 30 ans.
L'épisode de l'Amoco-Cadiz reste gravé dans la mémoire des
bretons tant par les dégâts occasionnés que par les batailles
juridiques que les communes ont menées pour obtenir des dédommagements.
Le naufrage de l'Erika confirme une nouvelle fois que rien
n'est fait, dans le domaine maritime, pour éviter le pire.
Les apôtres du libéralisme invoquent la fatalité sur le mode
"il n'y a pas de risque zéro". Or le naufrage de l'Erika
semble bien dû, en l'état des informations, à l'usure des
tankers et non à des conditions météo exceptionnelles ou à
une erreur de navigation. Si fatalité il y a, elle résulte
de la course aux profits, comme en témoigne par ailleurs les
dégazages sauvages effectués en mer.
Que les responsables soient jugés :
les compagnies pétrolières qui affrètent des navires au meilleur
prix
les armateurs qui assurent la maintenance et la conduite des
navires au moindre coût.
Mais les gouvernements sont également
en cause :
qu'attendent les responsables politiques pour se décider à
agir ? Les réglementations internationales sont insuffisantes
et les experts chargés des vérifications sont choisis et rémunérés
par leurs clients !
qu'attendent les responsables politiques pour exiger la suppression
des pavillons
de complaisance, dont la fonction est de détourner les
règlements tant en matière d'emploi que de sécurité ? Dans
le port de Lorient par exemple, le cargo Pétrel du groupe
Intermarché bat pavillon "St Vincent des Grenadines" tandis
que de nombreux autres navires du port naviguent sous pavillon
"des îles Kerguélen".
Des actions dès maintenant :
le déblocage de fonds d'urgence par l'État :
- pour permettre le nettoyage des côtes
- pour payer des salariés en lieu et place des bénévoles car
ici ,répétons-le, il n'y a pas "catastrophe naturelle"
- pour indemniser les professionnels de la pêche
- pour organiser les moyens de protection de la faune et de
la flore
le boycott de Total-Fina jusqu'à remboursement intégral des
dépenses liées à la catastrophe, y compris bien-sûr, celles
engagées par l'État, car il ne saurait être question
de faire payer aux contribuables les conséquences de la course
aux profits.
A l'heure où les effets destructeurs d'un commerce maritime
peu soumis aux "pesanteurs administratives" ne passent pas
inaperçus, il est bon de rappeler que cette déréglementation
est mis en oeuvre par les gouvernements européens dans les
autres secteurs des transports. Tout le monde a encore en
mémoire les morts de la catastrophe ferroviaire qui s'est
produite en Angleterre récemment, suite à la privatisation
des chemins de fer. "La route" fait elle aussi l'objet de
directives pour imposer une "libre" circulation des poids-lourds
sur le sol européen.
La catastrophe Erika est l'occasion rappeler une nouvelle
fois que les gouvernements, celui de la gauche plurielle comme
des autres, plutôt que de jeter les bases d'une organisation
sociale plus économe en matières premières, plutôt que de
se tourner vers des énergies renouvelables, plutôt que d'organiser
un débat démocratique sur le sujet, préfèrent se soumettre
au pouvoir des pétroliers.
La logique à l'œuvre derrière ces politiques est celle de
la loi du profit qui tente de s'imposer comme "allant de soi",
comme ordre naturel. C'est ce refus d'une destruction aveugle
et généralisée de toute la planète qui s'accompagne d'un accroissement
de la pauvreté et du chômage, aux motifs de la concurrence
économique entre groupes industriels et financiers, que la
mobilisation de Seattle a fait éclater au grand jour.
C'est dans ce cadre que la LCR du Morbihan appelle à la manifestation
du 30 décembre à Lorient et à Vannes le 8 janvier.
Communiqué de la LCR du Morbihan
(dec.99)
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