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Mise en examen
Total en justice
Trois résidents belges d'origine congolaise ont porté plainte
à Bruxelles contre Sassou N'Guesso, dictateur putschiste du
Congo-Brazzaville, pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité,
torture, arrestations arbitraires et enlèvement. Les plaignants
visent également la personne morale TotalFinaElf, considérant
qu'elle a participé aux nombreux crimes perpétrés dans la
guerre civile qui a ensanglanté le pays depuis 1997.
Un autre juge, D. de Talancé, a mis en examen et sous contrôle
judiciaire le groupe Total dans la catastrophe de l'Erika,
pour "complicité de mise en danger d'autrui" et "pollution
maritime". La juge s'appuie sur un récent rapport mettant
en cause la responsabilité de Total dans l'affrêtement de
l'"Erika", qui n'était plus autorisé à naviguer, et sa défaillance
dans les instructions et informations données au commandant
et à l'Etat. Cette mise en examen ouvre de nouvelles perspectives
pour l'indemnisation des victimes. Jusqu'à présent, pour une
catastrophe dont les dégats sont évalués à 6 milliards, le
Fipol, organisme d'assistance mutuelle entre compagnies pétrolières,
ne prétend débourser qu'un milliard de francs et, près de
deux ans après, n'a versé que 300 millions. Cette bataille
juridique rejoindra celle des victimes de l'explosion d'AZF
à Toulouse: 30 morts, des milliers de blessés, des dizaines
de milliers de sinistrés.
Total s'inquiète, et a convoqué une assemblée d'actionnaires
pour le 17 décembre, afin de voter une augmentation de capital
en prévision de la couverture des dommages.
(Rouge
15/11/00)
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